Le Maroc a contrôlé le match face aux Comores, mais la copie laisse un goût d’inachevé. L’emprise sur le ballon a été massive, les tirs nombreux, pourtant la sensation de danger réel est restée faible. Les chiffres confirment ce décalage : derrière une statistique de xG flatteuse se cache une réalité plus sèche, largement portée par un penalty. Sur le plan du jeu, la circulation a manqué de vitesse et les mouvements n’ont pas toujours été synchronisés. À un an de la CAN 2025 organisée au Maroc, ce type de rencontre sert de révélateur : la maîtrise ne suffit pas, il faut de la précision et des mécanismes clairs pour transformer la domination en buts.
Une possession écrasante… sans vraie morsure
Le Maroc a tourné autour des 70% de possession, avec un volume de tirs qui donne l’impression d’un match sous contrôle. Mais contrôler n’est pas menacer : la majorité des séquences s’est terminée sans déséquilibre net, faute de rythme et de tranchant dans les 30 derniers mètres. Les Comores ont souvent subi, mais sans se retrouver constamment en panique. Ce scénario est typique des matchs où l’adversaire accepte de défendre bas : la domination devient stérile si elle n’est pas accompagnée d’accélérations et de variations.
Un xG “gonflé” : le penalty cache la faiblesse de la création
Le match affiche un xG proche de 1.94, un chiffre qui pourrait suggérer une production offensive solide. Mais une lecture plus fine change tout : le penalty pèse lourd dans ce total. Une fois retiré, la production retombe autour de 1.15, soit l’équivalent d’une ou deux occasions franches sur tout un match. C’est là que se situe le problème : la quantité ne s’est pas transformée en qualité. Le Maroc a manqué de séquences vraiment construites pour finir en situation nette dans la surface.
Le nœud tactique : manque de synchronisation et fluidité absente
Le plan de jeu cherchait à entrer par l’axe et à exploiter les demi-espaces, avec des montées de latéraux et des décrochages pour densifier la construction. Mais les déplacements n’ont pas été coordonnés : un joueur attaquait l’espace, l’autre restait figé ; une course arrivait trop tard, la passe partait trop tôt. Résultat : des connexions faibles et des attaques qui meurent avant de devenir dangereuses. Sans synchronisation, l’équipe retombe sur des solutions individuelles plutôt que sur un collectif qui “attaque ensemble”.
Brahim Díaz, solution… et dépendance
Brahim Díaz a porté la différence sur une action, preuve qu’il reste un joueur capable de changer un match. Mais la rencontre met aussi en lumière une dépendance : lorsque le jeu collectif ne crée pas, tout le monde attend le “moment Díaz”. Ce modèle est risqué sur une CAN, où l’adversaire prépare précisément ce genre de menace. Le Maroc doit construire un cadre offensif où Díaz devient une arme parmi d’autres, pas le seul interrupteur du danger.
Les réglages urgents avant 2025 : vitesse, profils et équilibre côté droit
Plusieurs pistes ressortent clairement. D’abord, accélérer les renversements : sans vitesse de circulation, un bloc bas se réorganise facilement. Ensuite, questionner l’utilité de certains profils dans ce type de match, notamment au milieu, où un joueur plus dynamique et plus propre sous pression peut apporter un tempo supérieur. Enfin, mieux exploiter Saibari, joueur de mouvement qui a besoin d’un environnement proche pour s’exprimer. Et sur le côté droit, l’association Mazraoui–Díaz pose un problème d’équilibre : deux profils qui aiment rentrer à l’intérieur finissent par se marcher dessus, au détriment de la largeur et des décalages.
